04 septembre 2007

Le mardi, c'est permis les démos payantes

J'aimais bien la rentrée quand j'étais petit. Revoir les copains, découvrir les nouveaux (et nouvelles...), savoir dans quelle classe on sera et avec quel(s) prof(s) sont autant de raisons de donner à cette journée toute l'excitation perdue pendant les vacances. Par contre (il faut toujours une contrepartie) je détestais la capacité qu'avait les profs a toujours mettre la pression en ce premier jour, en nous faisant croire que ce serait quasi impossible de passer en classe supérieur. Un petit coup de pression de début d'année pour mettre les choses au point, mais ça ajoutait cette pointe de doute qui rendait la journée plus aussi bleue qu'elle n'y paraissait. Bande de salauds. Au final, ça restait malgré tout un agréable moment. Mais peser le pour et le contre n'est pas toujours aussi facile. N'est-ce pas, affaire Gran Turismo Prologue?

Les Gran Turismo Prologues... L'éternel débat pour savoir si c'est une arnaque ou une bénédiction. Personnellement, avant d'écrire cet article, je faisais partie du premier clan. Après réflexion, aurai-je changé d'avis? Je ne le sais même pas moi même, alors rendez-vous en fin de post!


Rappel des faits : en attendant la sortie du jeu complet, Polyphony Digital a décidé, depuis le quatrième épisode, de sortir des démos payantes de sa licences Gran Turismo. Appelé Prologue (on sait déconner chez Kazunori...), le titre propose quelques voitures, circuits et modes de jeu en apéritif, et ce pour 20 à 30€. Pour le prochain volet, le cinquième, l'édition Prologue comptera 40 voitures, cinq circuits et surtout un mode en ligne jouable à 16 simultanément. Alléchant, mais payant...

Bien sûr, payer pour jouer en exclusivité à la prochaine référence en matière de course automobile sur console, c'est une aubaine pour certains d'entre nous. La série à su prouver qu'elle était accessible tout en proposant du défi, et surtout complète et magnifique, avec les principaux constructeurs et leurs modèles présents et servis par des graphismes somptueux. Alors comment ne pas résister à cet appel insistant du pied pour, avant la sortie, s'offrir une bonne tranche de plaisir. Et puis, ce n'est pas comme si c'était juste une démo, avec 2 caisses et un seul circuit. L'option en ligne donne même une durée de vie potentiellement infinie! Lâcher quelques dizaines d'euros pour avoir sa dose de Gran Turismo avant la sortie du jeu définitif en vaut largement la chandelle, surtout que les retours des joueurs permettront d'affiner les derniers réglages et de remplir les caisses pour assurer une fin de développement aisée financièrement.

Sauf que tous ces pour s'exposent à autant de contre. Prologue est évidemment plus qu'une démo traditionnelle, mais ça reste un dixième de jeu qui coûtera un tiers voire la moitié d'une galette complète. Pire, on pourrait même dire que c'est un bêta test payant! Parce que lâcher de l'argent pour permettre aux développeur de fignoler son jeu, c'est un peu abusé. Et puis, l'excuse de permettre à Polyphony de gagner un peu d'argent pour se stabiliser financièrement durant cette période de fin de développement, qui est dur pour le compte en banque, est un peu exagérée. Les quatre épisodes précédents ont fait un carton mondial, rapportant énormément à Polyphony et Sony. Alors, ce n'est pas l'argent rapporté par GT5 Prologue qui va peser lourd face aux économies du studio nippon, d'autant plus qu'il doit être largement soutenu financièrement par son éditeur, qui mise énormément sur le jeu pour vendre des PS3. Ce soft n'est qu'un énième exemple de l'utilisation outrageuse des fans pour s'en mettre un maximum dans les poches.

Ce Prologue s'adresse bien sûr et avant tout aux fans (et aux personnes qui voit un jeu pas cher et qui pensent que c'est une aubaine, mais c'est une autre histoire...). Quand on attend le jeu depuis si longtemps, il apparaît clairement comme difficile de résister aux sirènes de la démo, qui hantent les rêves des aficionados depuis quelques années maintenant. Et il y a ce sentiment d'être un socio qui aide son équipe financièrement, et donne ainsi l'impression de participer à la réussite du titre. Mais faire payer les fans pour ça, c'est limite. Un passionné dépense de l'argent dans ce qu'il aime, sauf que l'on a jamais vu un amateur d'art acheter un bout de tableau avant de pouvoir s'offrir la peinture complète quelques mois plus tard. Mais si je ne cautionne pas cette pratique, je ne peux absolument pas condamner le choix de certaines personnes de se le procurer. Personnes qui, après tout, font ce qu'elles veulent. Et puis tant que ça apporte du plaisir, on ne peut pas réellement critiquer. Donc je souhaite beaucoup de bonheur et de nuits blanches à ceux qui l'achèteront. C'est-y pas gentil?

Thèse-antithèse-synthèse, c'est toujours le trio gagnant.

1 commentaire:

Julien Courbet a dit…

Sans aucun doute! ma b... dans ton c.. signé Julien Courbet !