08 juillet 2008

Le mardi, c'est permis de mesurer ses bits

Depuis deux jours, je me suis sérieusement remis à GTA IV. Parce que bon, quand même, il serait temps que je le finisse. Je dois en être à 45h de jeu, et je commence à trouver le temps long. Je ne serai pas original en disant que la fin du jeu s'essouffle un peu.

Ce qui me pousse à vouloir finir le jeu, c'est bien sûr le souhait de connaître le dénouement de tout ce bazar, mais surtout pour me mettre sereinement à la pelletée d'autres jeux que j'ai encore en stock. Dans la catégorie des "je les ai commencé et ils sont en stand-by", j'ai Beautiful Katamari, Mario Kart Wii, Patapon, Halo 3, Link's Crossbow Training, Eledees ou encore Chibi-Robo (hé oui, sur GameCube) qui m'attendent. Dans le domaine des incontournables que je dois faire, il y a Lost Winds, Bioshock et le récent Super Smash Bros Brawl que j'ai eu en cadeau. A tout ça, on peut rajouter Beyond Good & Evil et Dead Rising que j'aimerais bien refaire, Viva Pinata que je souhaiterais essayer un minimum, et Rock Band et FIFA 08 pour ponctuer le tout (je dois toujours faire monter Grimsby en Premier League...). Voilà pourquoi j'aimerais bien finir GTA.


Enfin bon, n'oublions pas que j'ai quand même énormément de chance d'avoir autant de jeux...

En parlant de jeux que j'aimerais bien finir, il y en a un auquel je rêvais de jouer étant petit. Parce que j'aimais les graphismes, mais surtout parce que l'on récupérait les armes des boss déchus, le jeu que je voulais à tout prix posséder était un Mega-Man (peu importe lequel, j'en voulais un). Quand je le voyais tourner dans des magasins, je m'imaginais tous les scénarios possibles qui auraient pu m'amener l'acquisition du soft. 20 ans et environ 3 milliards de déclinaisons de Mega-Man plus tard, je n'ai pas encore touché à un seul jeu de la saga. Pas une seul fois! Pourtant, j'ai sous la main une NES avec une cartouche de Mega-Man 4, mais je n'ai pas pris le temps de l'essayer. Et vous voyez pourquoi tous ces souvenirs de jeunesse me reviennent en tête...

Mega-man 9 a été annoncé la semaine dernière. Pas un Mega-Man ZX Power Ultra Force Dragon, mais un vrai Mega-Man. Et là où tout le monde a été surpris, c'est sur la direction artistique du titre : Capcom a parié sur un retour pur et simple a du 8 bit. Entre bénédiction des Dieux et foutage de gueule, chacun a fait son choix, et je vais vous imposer le mien, évidemment.

Dans un monde régit en totalité par l'argent, on est vite amené à penser aux économies substantielles que fait Capcom en faisant ce choix. Utiliser une technologie vieille de 20 ans, ça les arrange bien de rendre hommage à cette ère... En plus, de nombreux jeux en 2D sortent encore et parviennent à toujours plus nous flatter la rétine grâce à une grande maîtrise de l'outil 2D et des techniques de rendu et d'animation, et ce à moindre coût (ça coûte toujours moins cher que la 3D). C'eut été agréable d'avoir droit à un Mega-Man en 2D particulièrement léché. Quant à la musique, entre assembler 3-4 bips et composer une mélodie de plusieurs instruments...

Mais personnellement, la première chose qui m'est venue en tête n'est pas cette économie de bout de chandelle, mais plutôt un bon gros "génial". Un hommage fait toujours plaisir aux nostalgiques, alors le pousser au maximum et jouer le jeu à fond est vraiment appréciable. D'autant que cette décision n'est peut-être pas aussi facile à prendre qu'elle n'y semble...

D'abord, graphiquement et musicalement. Ca fait combien de temps que Capcom, et les autres, ont abandonné la technologie 8bit? 10 ans? 15 ans? Quant on fait le choix de développer un jeu 8 bits, il faut soit ressortir ses vieux outils de développement et les émuler sur les nouvelles consoles, soit en recréer de nouveaux. Mais dans tous les cas, il faut que les membres de l'équipe en charge du développement apprennent ou réapprennent à penser 8 bits. Choisir minutieusement la position de chaque pixel pour une lisibilité optimale et une compréhension évidente de la situation, composer avec une palette de couleur limitée, faire passer des émotions par une musique "simpliste",... Autant de défis certes plus faciles à relever qu'il y a 20 ans, mais qui posent certaines contraintes auxquelles l'industrie n'a plus l'habitude d'être exposée. Je ne dis pas que ce sera insurmontable, loin de là, mais il ne faut pas penser non plus que ça se fait les doigts dans le pif.

Mais surtout, là où je trouve l'argument du petit coût de développement bancal, c'est sur le public touché. Si Capcom avait décidé de développer un jeu de notre époque, c'est toute la base installée des joueurs qui était potentiellement accessible. Mais avec un rendu 8 bits, il cherche à toucher une fourchette de joueurs se limitant aux nostalgiques (tous les "vieux" joueurs n'en sont pas) , aux (peu nombreux) jeunes joueurs friands d'oldies et aux curieux. Et tout de suite, ça divise le public touché par 3, 4, 5 voire même plus.

Alors oui, le jeu coûtera moins cher à développer que si ils utilisaient des outils modernes, mais ce n'est pas pour ça que sa création ne demande pas du travail ou que Capcom s'enrichira grâce à lui. Je vois ce Mega-Man 9 comme un fan-service en bonne et due forme plutôt que comme une idée sortie tout droit du cerveau fertil des gripsous de Pandémonium. Et puis, attendons de connaître le prix avant de crier au scandale.

Enfin, c'est sûr que si il se retrouve à 20€, je ferai alors partie du groupe des râleurs.

2 commentaires:

Hell Pé a dit…

Merci Chaman, je commençais à flipper. Tu remets bien les choses en place, sans tomber dans le fanboyisme Megaman comme les ricains.

J'ajouterais qu'il est plus facile de faire passer de la soupe musicale avec des fichiers mp3 et des groupes de rock dans les jeux vidéo, qu'avec des sonorités 8-bit où la marge de manoeuvre est nettement plus étroite - soit ça sonne joli, soit c'est inaudible. Et puis, tout de même, les musiques des Megaman de jadis ne sont-elles pas réputées être parmi les meilleures de leur génération ?

Pigiste a dit…

Je trouve ça un peu rapide de taper sur Capcom alors que ce n'est pas une décision qu'ils ont pris par dessus la jambe.

Finalement, c'est comme un chanteur qui décide d'enregistrer son album dans les conditions de l'époque, à savoir une seule prise par chanson (j'avais déjà vu ça avec je ne sais plus qui, et personne ne s'en plaignait...)