05 août 2008

Le mardi, c'est permisde s'en prendre une fois de plus aux gens du marketing

J'AI COMMENCE BIOSHOCK!!!! Euh, enfin, j'ai commencé Bioshock, quoi. Et dans le noir, s'il vous plaît.

Cette info pourrait paraître est insignifiante, mais je vous assure que ce n'était pas gagné d'avance. Avant de me remercier de vous avoir épargner un remix des paroles d'Il jouait du piano debout, je vais vous expliquer pourquoi, pour ceux qui ne suivent pas, c'est une information importante.

Je suis une tarlouse, une flipette, une effarouchée. Dans les films ou toutes autres formes de média, je ne suis pas peureux, mais dans les jeux vidéo... Dès que c'est un peu sombre avec des ennemis qui me sautent dessus par surprise, je suis incapable de jouer. Je n'exagère même pas : la peur prend le dessus sur le plaisir de jeu, et je coupe court à l'expérience parce que ça n'en vaut pas la peine. Mais hier, la donne était différente, et je me suis mis un coup de pied au cul.

Parce qu'au bout de 5 minutes, j'étais déjà à la limite de l'extinction de console. Mais j'avais trop envie de me lancer dans le jeu pour abandonner, et je ne voulais pas reproduire le fiasco Doom 3 qui m'a fait éteindre le PC dès le premier ennemi, avec jeu enfermé dans le frigo et tout le toutim. J'ai donc continué. Et même si les 2 premières heures m'ont légèrement tendu, ça allait mieux par la suite avec une certaine habitude de l'environnement qui s'installe. Bon, j'ai aussi été aidé par le fait que j'avais déjà fait les 3 premières heures avec un pote (on était allé jusqu'au Dr Steinman, pour les connaisseurs)...

Bon, maintenant que je me suis étalé sur mes qualités, parlons de celles du jeu. Le premier aspect qui saute aux yeux est évidemment l'ambiance. L'univers tout entier est excellent, que ce soit la ville, son histoire, ses habitants, les Big Daddies et les petites soeurs, les plasmides (pouvoirs),... Les jeux vidéo ont souvent tendance à reproduire presque continuellement les mêmes schémas scénaristiques, et Bioshock fait l'effort de traiter d'un autre sujet, celui de l'écroulement d'une société idéaliste. Ce n'est pas non plus exceptionnel d'originalité, mais le sujet est très bien développé et emballé, et ça a surtout le mérite de nous sortir du carcan "le vilain a volé mon argent/ma copine/ la carte au trésor/ la fille du président/ ma sécurité, et je dois lui mettre sa mère".

Le seul petit reproche que j'aurai à faire au jeu est paradoxal : ce sont les Vita-chambres. Paradoxal car ça facilite malheureusement grandement le jeu, que ce soit à cause de l'invincibilité du héros ou de l'atténuation de la peur, mais en même temps, ça me rassure et ça me permet, en partie, de continuer de jouer.

Finalement, le meilleur moyen de parler de Bioshock est peut-être simplement de dire que je suis impatient de me remettre dedans. Moi.


En parlant de survival (selon moi, Bioshock est plus un survival qui met notre stress au défi plutôt qu'un FPS qui juge nos capacités de fin tireur.), EA a dévoilé hier les 4 premiers épisodes de l'animé (parce que dessin animé, c'est pas cool) qui explique les évènements précédents le jeu Dead Space. C'est toujours bon à prendre, même si je ne l'ai ai pas regardé (40 minutes...), mais il y a un truc qui me gêne dans ce genre d'initiative...

EA et Ubisoft, notamment, investissent beaucoup ces derniers temps dans le crossmedia. Crossmedia, c'est juste un mot qui fait bien pour dire qu'ils investissent dans plusieurs média différents (télé, cinéma, jeux vidéo, comics,...) pour développer leurs licences. Dead Space en est un exemple concret : c'est à la base un jeu dont ils veulent développer l'univers dans un comic et un animé. Dans une industrie qui a un peu de mal à créer des histoires et des univers travaillés alors que sa principale force est justement d'offrir de l'évasion, c'est agréable de voir arriver des éléments supplémentaires qui permettront de développer une ambiance, un scénario. Mais alors, qu'est-ce qui me gêne?

Etre amateur de jeux vidéo et français donnent deux raisons d'être un râleur. Bref. Il y a encore peu, c'était les joueurs qui faisait d'un jeu un incontournable. Si un titre était plébiscité, un culte était créé autour, et l'éditeur songeait alors à mettre à disposition toute une gamme de produits dérivés, de spin off, de machins et autres trucs. Maintenant? C'est l'éditeur qui décide si sa nouvelle licence sera une saga reconnue ou pas. Avant même que l'on ait une idée de ce que donnera le jeu, on a des animés pour expliquer les prémices de l'histoire, un film en préparation, un comic, un livre et une cuvette de toilettes qui est la même que celle de la nurserie dans le niveau trois. Et j'aime pas.

Ca fait beaucoup trop calculé, comme stratégie. "On va vous faire bouffer du Dead Space, comme ça on se crée une base de fans qui fait un peu artificielle avant même la sortie du jeu, comme ça le buzz monte, et à terme, on écoule des DVD, des éditions collectors, des sacs bananes,...". Ce n'est plus les qualités d'un jeu qui définissent son statut au sein de la communauté, c'est le choix préalable de l'éditeur d'en faire un objet de culte ou non. Et ça manque cruellement de spontanéité.

Ca m'embête un peu de râler là-dessus, parce que comme je l'ai dit précédement, c'est toujours agréable d'avoir face à soi un univers cohérent et travaillé qui justifie chaque aspect d'un jeu. Mais là où le jeu devrait être un succès avant d'éventuellement dévoiler son passé, son futur et ses aventures parallèles, on a tout d'un coup sans une montée d'impatience, sans laisser le temps aux joueurs de faire travailler leur imagination, sans laisser au public le choix de décider si il veut oui ou non creuser plus loin dans cet univers, et surtout en touchant le maximum de support pour amasser le maximum de blé, chaque déclinaison faisant de la pub pour les autres. Si c'est bien fait, tant mieux, mais ce pré-machâge de l'imagination à des fins financières est regrettable. Mais que voulez-vous, notre société est basée sur l'impatience...

4 commentaires:

Antoine a dit…

"Etre amateur de jeux vidéo et français donnent deux raisons d'être un râleur."
Cette phrase est collector, je la note dans mon petit carnet...

J'ai un peu la même impression que toi face à ces trucs crossmedia, j'ai du mal à savoir si c'est juste une innovation marketing ou une réelle volonté de créer des univers cohérents.

J'attends un peu de voir pour m'en réjouir (ou pas).

Anonyme a dit…

Bioshock est quand même un peu flippant sur certains passage, notamment le passage ou on voit la salle de creation des Big Dadies (désolé pour le spoil.)

Pigiste a dit…

Ah oui, un spoil. En même temps, ça m'empêchera pas de flipper le moment venu. Déjà que là j'ai découvert avec horreur que je devais prendre des photos...

masterspam a dit…

En même temps tout le jeu est basé (à mon sens) sur cette fameuse ambiance. T'as bien fait de commencer Bioshock, fallait prendre sur soi, sinon t'aurais quand même loupé quelque chose d'extra (je fais des rimes si je veux).